Samedi 5 juillet 2008
Voici donc que tonnent les canons médiatiques pour annoncer la nouvelle à laquelle le bon peuple est supposé réagir par des tressaillements de joie : Ingrid Bétancourt est de retour (ainsi que d'autres personnages retenus par les Farc et présentés à tort comme des otages puisqu'il s'agit de militaires colombiens et d'agents américains).

Quelle illustration de ce que nous combattons avec les modestes moyens de ce blog, cette dictature de l'oligarchie politico médiatique!

Posons une question simple. Pourquoi ces véritables réjouissances nationales, pourquoi les "unes" des magazines, le journal de 20 heures, la réception à l'Elysée en grande pompe, etc. ?

Que les proches de Bétancourt se réjouissent, quoi de plus normal en effet. Mais quand cette libération, quelles qu'en soient les conditions réelles au demeurant, devient un phénomène politique, c'est en tant que tel qu'il doit être traité, et non point sur le registre compassionnel, émotionnel, qui sert inévitablement de valise diplomatique pour faire passer en contrebande un contenu fort frelaté.

Car pour qui cette libération est-elle une victoire ?

D'abord, à l'évidence - et Bétancourt elle-même a commencé sa salve de remerciements par lui - par le régime colombien et son armée.
Les lecteurs d'Acide Critique prendront connaissance avec intérêt du communiqué de la coordination populaire colombienne à Paris qui rappelle ce qu'il en est des "exploits" sinistres de ce régime et de son président Uribe, lesquels exploits, ou plutôt exactions, s'inscrivent dans une longue tradition réactionnaire laquelle, précisément, à donné naissance aux Farc!

Mais encore, ce régime policier, meilleur allié de Washington dans la région, sert à ce titre de point d'appui à toutes les forces qui tentent de s'opposer aux mouvements d'émancipation dans les pays voisins, mouvements qui ont abouti à l'arrivée au pouvoir des gouvernements de Chaves, Morales ou Correa.
Ce régime, que Bétancourt vient de saluer comme étant une "démocratie exemplaire", avant de s'envoler depuis l'Elysée pour rencontrer le Pape, est donc renforcé par cette opération. Pas de quoi s'enthousiasmer, non?

Mais ce n'est pas tout.  Pourquoi y-a-t'il eu une telle campagne, depuis des années, en faveur d'Ingrid Bétancourt? Serait-ce parce qu'elle est franco-colombienne? Nenni. Il y avait (elle est décédée en 2006 après plusieurs années de détention dans la jungle) une autre détenue franco-colombienne, Aida Duvaltier. Vous n'en avez pas entendu parler? Eh oui, aucune campagne, aucun effort sérieux n'a été déployé pour tenter de venir à son secours. Quelle est la différence entre ces deux femmes? C'est qu'Ingrid Bétancourt est membre de l'oligarchie qui domine la planète et tient l'essentiel des medias en main, elle est d'une famille richissime, de diplomate, est une amie intime entre autres des Galouzeau de Villepin, sa candidature aux élections a été financée par plusieurs industriels colombiens, bref elle est de ce monde-là, et c'est à ce titre et aucun autre qu'elle a bénéficié d'une telle couverture médiatique.    

Là encore, la tentative du système d'entraîner dans la liesse les larges masses ne peut que susciter que le rejet et le dégoût - ce dernier devant être légitimement étendu aux forces politiques de gauche, du PS à la LCR, qui participent au choeur des "réjouissants".

Pour qui entend changer le monde, nécessité vitale alors qu'une crise sans précédent depuis 1945 s'est levée, un point de départ nécessaire quoique non suffisant, c'est de rejeter de la manière la plus nette cette opération politico-médiatique qui est réactionnaire sur toute la ligne et qui concentre certains des traits les plus repoussants de la société contemporaine. Bref il faut savoir dans de telles circonstances savoir dire "non". C'est ce à quoi nous invitons nos lecteurs, en fournissant ci après un communiqué qui est de nature à enrichir leur réflexion.

------------------
DECLARATION DE LA COORDINATION POPULAIRE COLOMBIENNE A
PARIS

Ingrid Bétancourt est libre.
La Coordination populaire colombienne (CPCP) à Paris s’en réjouit pour elle, pour sa famille, ses amis, et tous les comités qui l'ont soutenue. C'est un épilogue heureux après plus de six ans d'attente.

Le peuple colombien est toujours otage.
Le « triomphe » des militaires et du gouvernement d'Uribe n'est pas une bonne nouvelle pour nous : C'est une légitimation de la logique guerrière et des pratiques totalitaires. Une bulle médiatique de plus qui permet d'occulter la para militarisation du régime, la violation quotidienne des Droits de l'Homme, les assassinats systématiques des opposants politiques, syndicalistes, journalistes, défenseurs des Droits de l'Homme.

Nous ne pouvons oublier qu’en Colombie, près de quatre millions de personnes ont été déplacées de force à l'intérieur du pays, en majorité à cause des groupes paramilitaires. Ces groupes, qui agissent seuls ou avec des membres des forces armées, ont fait disparaître au moins 15.000 personnes ; ils les ont enterrées dans plus de 3.000 fosses communes ou ils ont jeté leurs cadavres dans les fleuves. Ils ont assassinés plus de 1.700 indigènes, 2.550 syndicalistes et plus de 5.000 membres de l'Union Patriotique. Régulièrement, ils torturent leurs victimes avant de les tuer.

Entre 1982 et 2005, les paramilitaires ont perpétré plus de 3.500 massacres et ils ont volé plus de six millions d'hectares de terres. Depuis 2002 et leur supposée "démobilisation", ils ont assassiné 600 personnes chaque année. Ils ont réussi à contrôler 35% du Parlement. De 2002 à aujourd'hui, des soldats de l'Armée régulière ont commis plus de 950 exécutions, la plupart en "maquillant" des paysans en guérilleros. Récemment, en janvier 2008, les paramilitaires ont commis 2 massacres, 9 disparitions forcées, 8 homicides alors que l'Armée a perpétré 16 exécutions extralégales. Depuis le début de cette année, 28 syndicalistes ont été assassinés.

En Colombie, les agents de l'Etat et les paramilitaires violent les Droits de l'Homme et le droit humanitaire. De nombreux groupes paramilitaires ne se sont pas démobilisés. Maintenant ils se font appeler "Aigles Noirs". De nombreux para politiques ont des charges
publiques ou diplomatiques. En septembre 2007, il y avait 39 affaires. Aujourd'hui, en juillet 2008, il y a plus de 60 parlementaires et hauts fonctionnaires mis en cause dont bon nombre sont en prison). Le président Alvaro Uribe lui-même et son entourage sont mis en
cause. L’élection présidentielle de 2006 menace d’être invalidée par une sentence de la Cour suprême de justice après qu’une parlementaire ait été reconnue coupable de subornation par cette même cour.

Avec la libération d'Ingrid Betancourt par les militaires, c'est "La Mano Fuerte" qui gagne. Nous ne pouvons que regretter que la guerrilla n'ait pas libérés plus tôt tous les otages. Ou mieux, qu'elle n'ait jamais eu recours aux enlèvements. Cette victoire est un coup très dur pour les guerrilleros, mais c'est surtout un coup terrible pour l'opposition politique démocratique.

Il va être encore plus difficile de faire entendre une voix divergente dans ce pays en faveur d’une solution politique du conflit, de l’échange humanitaire des prisonniers, en faveur de la vérité, de la justice et de la réparation intégrale pour les victimes. Alors oui : Bravo pour Ingrid. Mais nous pleurons pour la Colombie, sans pour autant baisser les bras.

commentaires (1)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Jeudi 5 juin 2008
Ci dessous, chers lecteurs, vous trouverez un document, diffusé par l'administration des impôts aux agents ces derniers jours, qui explique comment devrait marcher la fonction publique une fois adoptées deux lois, l'une prochainement (le projet de loi sur la mobilité) et l'autre à l'automne (un projet de loi sur les "valeurs" découlant du "livre blanc" sur la fonction publique remis récemment au gouvernement).

En clair : tout devrait disparaître! Plus aucune garantie collective pour les agents, flexibilité, polyvalence et à la clé menaces de licenciements. Ce serait un bouleversement incroyable, la mise à bas de l'édifice construit par les luttes depuis 50 ans, un fonctionnement totalement calqué sur celui des entreprises privées.

En réalité, ce document résume le plan de destruction de la fonction publique du gouvernement.

Alors une question grave est posée. Comment comprendre, et accepter sans rien faire, que les directions des organisations syndicales signent protocole sur protocole sur le "dialogue social" avec le gouvernement? Comment admettre une seule seconde d'engager un dialogue social approfondi avec des gens qui veulent casser murs et toits des services publics n'en laisser que des courants d'air?

Deux démarches immédiates s'imposent : faire connaître ce plan, d'une part, et d'autre part interpeller les responsables syndicaux, les partis d'opposition, dont la responsabilité est de faire échec à ce plan dévastateur. Et qu'ils commencent par retirer leurs signatures des accords sur le "dialogue social" avec le gouvernement.

C'est possible, mais ... le temps presse!






commentaires (6)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Jeudi 17 avril 2008
C'est un fait qui restera dans l'histoire : pour la première fois depuis la guerre, il n'y a plus en Italie aucun député socialiste ou communiste -quelle que soit l'appréciation du contenu que recouvrent ces étiquettes. En plus du retour du "caïman" , Moretti dixit, au pouvoir, il n'y a donc plus à proprement parler d'opposition digne de ce nom en Italie. Exagération? Il suffit d'écouter Veltroni déclarer qu'il va constituer un "shadow cabinet" dont le but sera, je le cite "nous veillerons à ce que les promesses faites pendant la campagne électorale soient traduites en engagements réels de la part du gouvernement".

Comment en est-on arrivé là? Alors que durant la précédente legislature Berlusconienne, d'importantes mobilisations ont eu lieu contre sa politique, contre ses "réformes" ou contre la guerre en irak?
La première réponse coule de source : le gouvernement Prodi n'a en rien remis en cause la politique de son prédécesseur, et l'a même poursuivie dans la plupart des domaines. Il a donc écoeuré ceux qui avaient voté contre Berlusconi et sa politique il y a deux ans de cela.

Mais la seconde réponse a une portée française au possible.
Le nouveau "Parti Démocrate", battu, a affirmé sur tous les tons qu'il n'était "pas de gauche". On se souvient d'Aprile, le film de Moretti où ce dernier apostrophe Massimo D'Alema derrière son écran TV en lui intimant, désespéré, de "dire quelque chose de gauche", de dire quelque chose, tout court. La constitution du Parti Démocrate, fusion des ex du PC italien avec des morceaux de la démocratie chrétienne, c'est la formation d'un baillon politique plaqué sur toutes les bouches qui crient en Italie. Pas étonnant qu'une partie des ouvriers se soient même tournés vers la populiste et raciste ligue du Nord, seule à ne pas tenir un discours "politiquement correct".

Portée française, oui : puisque la question des alliances avec le Modem recoupe, dans des circonstances hexagonales, exactement le même projet politique que celui du P.D. - Ségolène Royal ne s'en est pas cachée d'ailleurs, vantant sur tous les tons les mérites selon elle de cette nouvelle formation. Eh bien, voilà ses mérites : faire revenir le mort-vivant ultra-bronzé aux UV à la présidence du conseil italien.

Mais dira-t-on, la "gauche radicale" a été elle carrément éliminée du parlement. Précisément. Elle aussi, sous des dehors "radicaux", a soutenu, même en grinçant, la politique de Prodi ces deux dernières années (jusque et y compris les élus de la LCR Italienne, les amis d'Olivier Besancenot). Elle le justifiait au nom de la lutte contre Berlusconi! Le bilan est facile à tirer...

Pis encore, elle est allée aux élections sous une drôle de bannière "arc-en-ciel", effaçant d'elle-même toute trace d'identité socialiste ou communiste. Résultat : elle a été incapable de capitaliser le rejet par lescouches populaires de la politique de Prodi, elle a refusé, même, de maintenir le drapeau qui symbolise malgré tous ses avatars la possibilité d'une politique réellement alternative.

Les leçons sont donc particulièrement claires, et sonnent comme un avertissement dans toute l'Europe, avertissement face à la liquidation en cours de tout ce qui fut construit par les mouvements d'émancipation du capitalisme lors du 20ème siècle, y compris les organisations qui en sont issues plus ou moins directement.

Et enfin, ajoutons-y une petite... raffarinade. Le dit Raffarin, utilisant la condamnation de Mme Royal pour licenciement abusif, a demandé que cette dernière démissionne de la présidence du conseil régional de Poitou-Charentes. Ca ne vous dit rien? En creux, cela devrait : quand donc le PS a-t-il exigé pour la dernière fois la démission de dirigeants de droite? La réponse est : sous Mitterrand.
Bien entendu, l'exigence n'est pas le fait. Mais exiger la démission de tel ministre, du gouvernement, du président, c'est se porter implicitement candidat au pouvoir, c'est remettre en cause la légitimité du pouvoir. Or Hollande, Royal et les autres expliquent aujourd'hui ... le contraire. Voilà pourquoi, tout comme Berlusconi, Sarkozy peut vivre assez sereinement  les turbulences actuelles de son quinquennat dont les dirigeants PS ne cessent de répéter qu'il devra se poursuivre jusqu'à son terme naturel, constitutionnel. Sereinement, donc, ... sauf intervention de la jeunesse, des couches populaires, dans la sphère où se décident les politiques menées, dans la sphère du pouvoir.
C'est à cela, en n'oubliant pas le fiasco épouvantable que l'Italie nous offre, qu'il faut travailler.



commentaires (1)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Samedi 15 mars 2008
Côté face. 

Quatre jeunes ados belges se retrouvent dans les toilettes de l'hôtel de ville et y sniffent de concert une recharge de gaz pour briquets pour se faire tourner la tête.  Aussitôt fait, l'une d'entre elle s'allume... une cigarette .  L'explosion se produit illico et les filles sont brûlées plus ou moins sérieusement. (c'est dans la libre belgique)

Côté pile.

Comment ne pas penser notamment au films des frères Dardenne, notamment "l'enfant " que nous chroniquâmes, trop brièvement, il y a un certain temps sur ce blog? Misère sociale, culturelle et psychologique  se combinent dans les bas-fonds d'une wallonie rongée par un chômage de masse,  où ne demeurent que des "valeurs" marchandes, la consommation dénuée de sens jusqu'à... l'explosion, l'auto-destruction?


C'était une brève histoire belge, mais elle pourrait être française, britannique, américaine (quoique dans ce dernier pays c'est plutôt avec des fusils d'assaut achetés en solde que s'achèvent ces trajectoires déchiquetées). Elle résume de manière saisissante l'absence de perspective dont l'étreinte glaciale a saisi une grande partie de la jeunesse aujourd'hui.  Et  presse à tout faire pour en ouvrir, ou réouvrir une, qui mette en avant comme des nécessités incontournables le droit au travail, à la formation, à la culture, et la protection de la jeunesse contre le chant des sirènes marchandes. 

lenfantint01.jpg

commentaires (0)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Mercredi 12 mars 2008
Oui, blème... il y a.  L'évènement essentiel de ce premier tour des municipales, et de l'entre-deux, du pas deux si l'on veut, c'est bien le développement des alliances entre le PS et le Modem. 

Ah! nous dira-ton, mais il ce n'est pas le cas partout!  Précisément. 

Que le parti de Bayrou, éternel opportuniste toujours prêt, en bon éleveur de chevaux de luxe qu'il est, à enfourcher une monture de passage, cherche à s'insinuer partout où c'est possible pour obtenir quelque maroquin municipal, cela n'a rien d'étonnant.
undefined
Mais que le PS généralise, de Marseille à Lille, les alliances avec le Modem, pour la plus grande joie de l'impayable Mme Royal, laquelle persiste dans la voie qui lui fit perdre la présidentielle (ce qu'elle considéra alors comme une "victoire"), voilà qui ne peut faire que blémir. 
Cela n'est pas en effet sans conséquences, qu'il faut bien mesurer.
Si en effet le PS arrive à trouver suffisamment de points communs avec le parti d'un ancien ministre de Balladur puis Chirac, lequel Modem dans le même temps est encensé par Juppé et s'allie aussi avec l'UMP de ci de là, n'importe quelle personne sensée en conclura qu'il s'agit d'une affirmation politique sans ambages : seules des nuances, des sensibilités, séparent ces formations politiques. Leurs princjpes sont tous les mêmes, faute de quoi comment pourraient-ils envisager de diriger une ville ensemble? Les additions électoralistes ne font pas une politique municipale.

Or, s'agissant du PS, qui électoralement reste incontournable pour les classes populaires de ce pays,  c'est  un pas de plus vers l'affirmation que, décidément, il n'existe qu'une seule politique dans ce pays, et que le seul choix serait de savoir de quelle manière elle doit être menée - en d'autres termes, à quelle sauce on doit être mangé.


Certes ce n'est pas d'aujourd'hui que le PS s'est employé à faire cette triste "démonstration" depuis 1981.
Mais la généralisation de l'alliance avec le Modem place le futur congrès de ce parti sous de sombres auspices, ceux de la perspective d'un "parti démocrate" à la française. Ce qui priverait l'immense majorité de la population de ce pays, les ouvriers, employés, enseignants, personnels de santé, etc. de toute possibilité, sauf celle résiduelle du PCF ou marginale de la LCR, de tout moyen de se manifester sur la scène politique de manière un tant soit peu autonome. Et donc de formuler l'exigence que soit menée une politique fondamentalement différente que celles servant in fine les maîtres du CAC 40. L'immense abstention populaire pour ce premier tour en est une des conséquences.

Alors une première mesure de salubrité publique, pour empêcher la transofmration irreversible du paysage politique française en un marais fangeux s'étendant à perte de vue, pour empêcher, pour reprendre le langage de la révolution française, que la "montagne", ou du moins la colline, ne soit arasée et enterrée, est de refuser de voter pour ces listes d'alliance qui, ilne faut pas s'y tromper, augurerait si elles triomphaient, une modification structurelle autant que négative du champ politique français.



commentaires (2)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Lundi 18 février 2008
Pornographie mémorielle...  Il n'est pas de mot plus précis pour caractériser la proposition dégainée par Sarkozy que chaque enfant de cours moyen soit lesté du fardeau du souvenir ingérable d'un enfant juif assassiné.

Il n'en est pas à son coup d'essai : souvenons-nous de Guy Môquet.Une nouvelle fois, il s'agit d'une prise d'otage, celle des enfants de notre pays, auxquels, de manière a-historique, émotionnelle et donc finalement obscurantiste, le petit bonaparte intime l'ordre de s'émouvoir sur commande. Il y a dans ce pays, en théorie, un ministre de l'éducation, d'éminents spécialistes de l'histoire, et, même, des institutions qui consacrent leur travail à la mémoire du génocide des juifs d'Europe durant la seconde guerre mondiale. Sarkozy en fait fi : il voit tout, il sait tout, ce qui est bon, ce qui est mal, et entend dicter son point de vue ("images du monde" à la clé, on sait) à la nation toute entière.  Il se prend, en quelque sorte, pour le seul maître à bord après dieu.

Mais si cette obscénité a provoqué des réactions, il ne faut pas qu'elle soit l'arbre qui cache la forêt. Voici en effet trois discours consacrés par le chanoine de Latran à la religion, l'un tenu au Vatican devant le panzer-cardinal qui élu pape a réhabilité la messe en latin, l'autre à Riyad, devant les dignitaires du régime le plus intégriste qui soit dans le monde où les femmes n'ont pas une once de droits, et donc ce troisième devant le CRIJF. Et à chaque fois, il persiste et signe.
undefined
Le voilà qui a affirmé en effet : "
Le drame du XXème siècle, de ces millions d'êtres projetés dans la guerre, la famine, la séparation, la déportation et la mort, n'est pas né d'un excès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence".

Diantre... un peu d'Histoire s'impose. Premier "drame du XX° siècle" qui soit d'ampleur mondiale : la colonisation et ses massacres afférents, qui furent un laboratoire pour les horreurs perpétrées par la suite sur le sol européen. Faut-il épiloguer sur le rôle que joua l'Eglise catholique (et ses consoeurs) dans cette entreprise qui confina souvent à l'extermination?
Second drame, les millions de morts, jeunes ouvriers et paysans, sur les fronts dela première guerre mondiale. Là encore, chaque Eglise soutint "sa patrie" et bénit les "champs d'horreur" où "tout miséreux, couverts de prêtres", chantait Brel, les jeunes de 20 ans allaient "mourir à pleine peur".

Quant à la seconde guerre mondiale, faites excuse : non seulement les armées d'Hitler se paraient, comme les précédentes, du "Gott mit uns" (Dieu avec nous), mais encore, quand ce même Hitler lança son offensive contre l'URSS, ce fut avec le soutien affirmé de l'Eglise catholique et de son pape d'alors ("infaillible", ainsi le veut le dogme) qui ne haïssait rien tant que le "bolchevisme" ou ce qui y ressemblait peu ou prou. La même papauté qui avait soutenu et décoré franco pour avoir terrassé ces mêmes communistes (et assimilés, on ne fait pas dans le "détail" au Vatican) en Espagne durant la guerre civile.

L'absence de Dieu? Sarkozy prouve son ignorance en affirmant de plus "
Il n'y a pas une ligne de la Torah, de l'Evangile ou du Coran qui puisse s'accommoder des massacres commis en Europe au cours du XXème siècle au nom du totalitarisme et d'un monde sans Dieu". Il lui faudrait apprendre à lire, la Torah, pour commencer, qui regorge de scènes de violences, de massacres - loin de moi l'idée de m'en étonner - à commencer par ceux commis par l'Eternel lui-même!

Il y a derrière cette promotion répétée de sa foi et de son Eglise, promotion qui avance à l'abri des polémiques sur la façon de commémorer le massacre des juifs d'Europe, un projet politique précis. C'est de donner les clés de la "société civile" aux religieux de tout poil et de toute plume, d'appuyer à tout va une offensivepour enfiler à lasociété la camisole de force de l'ordre moral - complément sous tous les régimes dans l'histoire de l'oppression la plus féroce. Et pour commencer de réviser la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Quelques mots de circonstance face à cette offensive, tenus par Victor Hugo en 1850 contre la loi Falloux qui subventionnait l'enseignement religieux :

undefined"
En un mot, je veux, je le répète, ce que voulaient nos pères, l'Église chez elle et l'État chez lui.
(...)
Je m'adresse donc au parti clérical, et je lui dis : Cette loi est votre loi. Tenez, franchement, je me défie de vous. Instruire, c'est construire. Je me défie de ce que vous construisez. 

Je ne veux pas vous confier l'enseignement de la jeunesse, l'âme des enfants, le développement des intelligences neuves qui s'ouvrent à la vie, (les générations nouvelles, c'est-à-dire l'avenir de la France. Je ne veux pas vous confier l'avenir de la France, parce que vous le confier, ce serait vous le livrer.

Il ne me suffit pas que les générations nouvelles nous succèdent, j'entends qu'elles nous continuent. Voilà pourquoi je ne veux ni de votre main, ni de votre souffle sur elles. Je ne veux pas que ce qui a été fait par nos pères soit défait par vous ! Après cette gloire, je ne veux pas de cette honte.
(...)
C'est une pensée d'asservissement qui prend les allures de la liberté. C'est une confiscation intitulée donation. Je n'en veux pas. 

C'est votre habitude. Quand vous forgez une chaîne, vous dites : Voici une liberté ! quand vous faites une proscription, vous criez : Voilà une amnistie !
(...)
nous connaissons le parti clérical. C'est un vieux parti qui a des états de services. C'est lui qui monte la garde à la porte de l'orthodoxie. C'est lui qui a trouvé pour la vérité ces deux étais merveilleux, 1'ignorance et l'erreur. C'est lui qui fait défense à la science et au génie d'aller au-delà du missel et qui veut cloîtrer la pensée dans le dogme. Tous les pas qu'a faits l'intelligence de l'Europe, elle les a faits malgré lui. Son histoire est écrite dans l'histoire du progrès humain, mais elle est écrite au verso.
(...)

C'est lui qui a fait battre de verges Prinelli pour avoir dit que les étoiles ne tomberaient pas. C'est lui qui a appliqué Campanella sept fois à la question pour avoir affirmé que le nombre des mondes était infini et entrevu le secret de la création. C'est lui qui a persécuté Harvey pour avoir prouvé que le sang circulait. De par Josué, il a enfermé Galilée ; de par saint Paul, il a emprisonné Christophe Colomb.
Découvrir la loi du ciel, c'était une impiété ; trouver un monde, c'était une hérésie. C'est lui qui a anathématisé Pascal au nom de la religion, Montaigne au nom de la morale, Molière au nom de la morale et de la religion. Oh ! oui certes, qui que vous soyez, qui vous appelez le parti catholique et qui êtes le parti clérical, nous vous connaissons. Voilà longtemps déjà que la conscience humaine se révolte contre vous et vous demande : qu'est-ce que vous me, voulez ? Voilà longtemps déjà que vous essayez de mettre un bâillon à l'esprit humain !

Et vous voulez être les maîtres de l'enseignement ! Et il n'y a pas un poète, pas un écrivain, pas un philosophe, pas un penseur que vous acceptiez ! Et tout ce qui a été écrit, trouvé, rêvé, déduit, illuminé, imaginé, inventé par les génies, le trésor de la civilisation, l'héritage séculaire des générations, le patrimoine commun des intelligences, vous le rejetez ! Si le cerveau de l'humanité était là devant vos yeux à votre discrétion, ouvert comme la page d'un livre, vous y feriez des ratures
(...)
C'est un jeu redoutable que de lui laisser entrevoir, seulement entrevoir, à cette France, l'idéal que voici : la sacristie souveraine, la liberté trahie, l'intelligence vaincue et liée, les livres déchirés, le prône remplaçant la presse, la nuit faite dans les esprits par l'ombre des soutanes, et les génies mâtés par les bedeaux ! 

C'est vrai, le parti clérical est habile ; mais cela ne l'empêche pas d'être naïf. Quoi ! il redoute le socialisme ! Quoi ! il voit monter le flot, à ce qu'il dit, et il lui oppose, à ce flot qui monte, je ne sais quel obstacle à claire-voie ! Il voit monter le flot, et il s'imagine que la société sera sauvée parce qu'il aura combiné, pour la défendre, les hypocrisies sociales avec les résistances matérielles, et qu'il aura mis un jésuite partout où il n'y a pas un gendarme !  Quelle pitié !
(...)
Quoi ! vous jetez à terre, comme des hommes de peine fatigués, la gloire, la pensée, l'intelligence, le progrès, l'avenir, et vous dites : c'est assez ! n'allons pas plus loin ; arrêtons-nous ! Mais vous ne voyez donc pas que tout va, vient, se meut, s'accroît, se transforme et se renouvelle autour de vous, au-dessus de vous, au-dessous de vous ! 

Ah ! vous voulez vous arrêter et nous arrêter ! Eh bien ! je vous le répète avec une profonde douleur, moi qui hais les catastrophes et les écroulements, je vous avertis la mort dans l'âme, vous ne voulez pas du progrès ? vous aurez les révolutions !

Aux hommes assez insensés pour dire : l'humanité ne marchera pas, Dieu répond par la terre qui tremble !"


commentaires (4)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Jeudi 29 novembre 2007
img-emeutes.jpg
Aujourd'hui, devant un auditoire acquis à sa cause, puisqu'il était en uniforme, Sarkozy a déclaré qu'il n'y avait pas de "problème social" derrière les évènements de Viliers le Bel, mais que l'on était en présence d'un phénomène de "voyoucratie".

Nous avons déjà caractérisé ici le gouvernement de l'omniprésident de "ploutocratie". L'histoire nous enseigne que ploutocratie et voyoucratie font bon ménage.

Car qui sont les "voyous"? Il ne s'agit pas évidemment pour nous d'applaudir les desperados qui amènent de l'eau au moulin de Sarkozy en utilisant des armes de fortune contre les policiers.

Mais quels sont les faits?
D'abord, la mort de deux jeunes gens, fauchés de fait par une voiture de police.
Mais pis encore, et le journal le monde s'en est fait l'écho, le fait tout aussi avéré que les policiers ont menti, couverts par l'inspection générale, quand ilsont déclaré que leur voiture avait été endommagée après l'accident par des "voyous", qui, précisément, ne semblent avoir à ce moment existé que dans leur imagination.

On ne va pas se substituer ici à une enquête qui devrait, disons-le, être menée de manière indépendante des gens aux ordres du pouvoir (par exemple par une commission d'enquête constituée autour des élus socialistes de la région).  Mais le fait est : il y a mensonge policier, un de plus, couvert jusqu'au sommet de l'Etat, une fois de plus. Et ce qu'ont réclamé ceux qui ont défilé en hommage à une des victimes ce matin n'est rien d'autre que la vérité et la justice.

Mais la vérité, c'est déjà de constater que,  tandis Sarkozy nie tout "problème social", les jeunes déférés en urgence devant le tribunal, avec des preuves aussi peu convainquantes que celles employées contre les manifestants anti-CPE de 2006, sont tous de jeunes ouvriers ou employés. C'est la "France Invisible", c'est le prolétariat, et tant pis si le mot est passé de mode. Cela fait un second mensonge.

Et un autre fait, incontestable, est que depuis l'élection de Sarkozy, on constate : des travailleurs sans-papiers qui se jettent par la fenêtre plutôt que d'être arrêtés par la police, des rafles menées au grand jour à la sortie des bouches de métros, des nourissons placés en centre de rétention, et maintenant, partout en france, la Police qui est envoyée sur les campus matraquer les étudiants grévistes, faits sans précédents, du moins depuis Vichy. 

Ne sont-ce pas là des méthodes de voyous, de brutes, celles qu'affectionnent les ploutocrates du monde des affaires aux parachutes dorés et qu'ils ont utilisés de tout temps, contre les grévistes, les syndicalistes,  les dissidents? Les coups fourrés à la Clearstream, les hommes de paille, les hommes de main? 

Sarkozy est arrivé en politique dans le sillage de Chirac et de Pasqua, tous deux aujourd'hui mis en examen.

Alors, inutile d'insister plus, chers lecteurs : s'il y avait une opposition digne de ce nom dans ce pays, elle devrait s'écrier : la "voyoucratie", c'est lui !  

commentaires (1)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Jeudi 8 novembre 2007

commentaires (1)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Lundi 22 octobre 2007
Alors qu'aujourd'hui dans de nombreux établissements les élèves sont rassemblés devant le drapeau et invités à verser leur larme sur les derniers mots du jeune Guy Môquet, "acide critique" a eu connaissance d'une prise de position d'une section du syndicat majoritaire de l'enseignement qui mérite d'être connue.

La voici :
 

Nous ne mangeons pas de ce pain là !

 

1) L’école prise en otage

 

Le jour de son investiture, Nicolas Sarkozy a démonstrativement essuyé une larme à l’écoute de la dernière lettre écrite par le jeune Guy Môquet. Aussitôt il a décidé qu’elle devrait être lue dans toutes les écoles, sous couvert de la « commémoration » de la résistance, tandis qu’il lirait lui aussi, devant les médias.

Cette tentative de prise d’otage des élèves et de leurs enseignants est insupportable.

 

- sur la base d’un caprice d’un président aux pouvoirs déjà exceptionnels dans la 5ème République, il est demandé à tous les jeunes de communier en même temps que le chef de l’Etat sur le terrain de l’émotion (la lettre de Guy Môquet n’ayant aucun contenu historique), et ce pour honorer selon les termes de la circulaire du 30 août « la force et la grandeur de notre pays » ou encore « le sens du devoir ». Le « caporalisme mémoriel » (J-P.azéma) est mis au service d’un néo-bonapartisme, du rassemblement de la jeunesse du pays autour d’un chef, à l’ opposé du combat que menaient Môquet et les autres fusillés.

 

- Il est demandé aux équipes éducatives d’interrompre séance tenante leur progression pédagogique et de se faire les relais des desirata présidentiels, au mépris de leur travail, lequel s’inscrit dans la durée et la continuité, l’intellection et non l’émotion. C’est introduire au sein de l’école la négation de ce qu’est l’acte d’enseignement.

 

- Cet appel à s’unir autour du président dans la célébration des « valeurs » (cf. circulaire) intervient à un moment où ce même président a engagé une politique d’une brutalité sans précédent qui vise à détruire des acquis fondamentaux, qui précisément ont été pour l’essentiel conquis au sortir de la seconde guerre mondiale, et pour lesquels ont combattu les résistants.

 

2) Une entreprise de falsification de l’histoire

 

Cette commémoration « fabrique un mythe patriote en lieu et place d’une interrogation critique, aussi chargée d’émotion puisse-t-elle être. » (Comité de Vigilance face aux Usages de l’Histoire - CVUH)

 

avis-3.jpg- Le ministre Darcos croit ainsi judicieux de citer les propos de Sarkozy : «aimez la France car c’est votre pays et que vous n’en avez pas d’autre ». On ne pourrait plus mal tomber. C’est la police française qui a arrêté Môquet en 1940, en application du décret-loi Daladier interdisant le PCF. « La France » officielle d’alors, son parlement, le patronat, a fait le choix de la collaboration avec les nazis. Il n’en est nulle trace dans cette circulaire.

 

- La circulaire s’emploie aussi à effacer la raison pour laquelle Môquet et les autres ont été assassinés, livrés aux nazis par l’Etat français. Cette raison, ce n’est pas leur ‘patriotisme’, mais leur engagement communiste, qu’ils soient membres du PCF, de la CGT, ou qu’ils aient rejoint les rangs trotskystes suite au pacte Hitler-Staline. La circulaire amalgame pourtant ces fusillés avec Gilbert Dru, fondateur de la JEC, ou la « rose blanche » allemande. La mise en avant de ce dernier groupe, issu des milieux catholiques allemands, et fondé seulement en 1942, efface que la résistance au nazisme en Allemagne, qui mena un million d’allemands en camp de concentration, fut pour l’essentiel le fait des partis communiste et social-démocrate.

Donc, « Les idéaux de liberté et de justice » sous lesquels la circulaire amalgame les uns aux autres n’étaient pas du tout les mêmes !
Pour preuve cet extrait du dernier poème écrit par Môquet, texte écarté du corpus de textes fournis par le ministère :

« Les traîtres de notre pays Ces agents du capitalisme Nous les chasserons hors d’ici Pour instaurer le socialisme. Main dans la main Révolution Pour que vainque le communisme Pour vous sortir de la prison Pour tuer le capitalisme »

 

- Enfin, ce n’est pas simple affaire historique. Les « idéaux » de messieurs Sarkozy et cie sont toujours étrangers à ceux des militants que nous sommes. La circulaire s’achève par l’annonce du thème du concours national de la résistance : « L’aide aux personnes persécutées et pourchassées en France pendant la seconde guerre mondiale ». Aujourd’hui, en France, plusieurs personnes sont mortes récemment, pourchassées par la Police sur ordre de Sarkozy ou Hortefeux, ou ont été arrêtées et renvoyées vers la misère ou la mort qu’elles avaient fuies en tentant de venir dans notre pays. Les travailleurs sans-papiers sont aujourd’hui « persécutés et pourchassés » par ce même gouvernement qui voudrait organiser autour de lettre de Guy Môquet une opération d’union nationale.

 

Toutes ces raisons amènent la section SNES du lycée à appeler les collègues à refuser de se prêter à cette opération scandaleuse, et à demander bien sûr à tous les syndicats de l’enseignement de reprendre la même position, pour que cette journée soit l’occasion d’illustrer pratiquement ce que veut dire le mot « résistance ».


commentaires (4)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire
Vendredi 5 octobre 2007
scandale.jpgLe 18 septembre, Sarkozy, ou napoléon le tout petit, a qualifié l'existence des régimes spéciaux de retraite "d'indigne".

Quelques jours auparavant, il avait annoncé devant l'université d'été du Medef qu'il comptait rapidement "dépénaliser" le droit des affaires, sous les applaudissements enthousiastes des grands patrons, au rang desquels on compte celui qui se présente comme son "frère", Arnaud Lagardère.

Mais avant que la "dépénalisation", pendant de la criminalisation accrue des délits que prévoit la loi Dati sur la récidive, n'entre en vigueur, son frère vient d'être pris la main dans le sac. On avait déjà souligné sur ce blog les profits incroyables qu'avait retiré Arnaud Lagarère de la vente de ses actions d'Airbus.

Voilà qu'il s'avère que tous les cadres dirigeants d'EADS, de Lagardère et de Daimler, avec la bénédiction du gouvernement auquel Sarkozy appartenait, ont vendu leurs actions tous ensemble avant de révéler les difficultés rencontrées par l'A 380.

Où est "l'indignité"? Voilà des centaines et des centaines de millions d'euros qui ont été empochés par des personnages dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils ne sont nullement dans le besoin. Et ce qui serait "indigne", c'est le droit des cheminots à faire valoir leurs acquis en matière de retraite?

Non, décidément, les "régimes spéciaux" des uns ne valent pas ceux des autres.

Outre que leur sort ne pèse quasiment pas sur l'équilibre des comptes des régimes de retraite (5% despensions versées), la question de la réforme des régimes spéciaux concentre tout le caractère scandaleux de la politique des Sarkozy, Fillon, etc.

Il devrait aller de soi que la seule raison de la précipitation avec laquelle Sarkozy a lancé cette "réforme" vient de ce que briser les régimes des cheminots, traminots, Ratp, électriciens et gaziers est une condition pour allonger encore la durée de cotisation pour tous les salariés, et rabaisser le niveau des pensions.
Car pour les grands médecins des régimes de retraite, le but est d'annoncer que "l'opération a réussi, et le malade en est mort".

profiteurs.jpg Pendant qu'ils se goinfrent de plus-values, de stock options, et qu'ils s'indignent même quand on les attrape le groin dans la mangeoire, quand la preuve est faite qu'ils peuvent contribuer bien plus à l'équilibre du régime des retraites, cette aristocratie des temps modernes voudrait faire travailler jusqu'à la mort ou une vieillesse miséreuse la plus grande partie de la population. 

C'est évidemment inacceptable.  Puisse ce nouveau scandale aiguiser la volonté générale de combattre cette politique réellement ploutocratique (le pouvoir des riches) et d'y mettre, aussi rapidement que possible, un terme.

commentaires (6)    publié dans : actualité par O.C. ajouter un commentaire

Recherche

...


look-1.jpg
Blog : Philosophie sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus