Lundi 27 novembre 2006
"Jouer libero, c'est pas mal non plus"...  il ne faut pas se fier à l'apparente simplicité des choses. Sous cette conversation footballistique entre un père et son fils, il faut entendre : "libre, c'est pas pas mal, non plus".

Libero, c'est le terme italien pour désigner le joueur "libre". Et la liberté, c'est ce à quoi aspirent tous les personnages de ce film italien, emmené sur un rythme qui fait plaisir - autant que d'entrapercevoir Rome et d'entendre chanter cette belle langue.

Il ne faut donc pas se fier aux apparences.
Vu par les yeux d'un enfant, le film s'ouvre sur ce qui semble un constat simple : un père vivant avec ses deux enfants, la mère ayant déserté le foyer. Et tout semble la condamner, jusqu'à elle-même qui n'hésite pas à se couvrir d'opprobe pour quémander le droit de revenir vivre au foyer, de reconstituer une famille.

Mais des forces contraires et puissantes sont à l'oeuvre et les vraies difficultés n'apparaissent que petit à petit. Chacun semble en effet prisonnier d'un rôle taillé pour un autre que lui.

Un père pétrifié dans une posture fière, et que les coups de couteaux de la réalité qui la lui rendent impossible à tenir lacèrent peu à peu.
Une mère, belle, trop belle, jeune, trop jeune, qui n'arrive pas à être à la fois maman et femme.

Et elle est emprisonnée au foyer par ce mari qui l'aime mais si mal, lui qui ploie sous les contraintes que lui impose la nécessité de gagner sa vie, mais aussi sous le poids de celles qu'il s'impose en cherchant à n'être redevable de quiconque.

Puis, il y a ces deux enfants, qui sont déjà marqués par l'attitude de leurs parents, leur premier héritage qui suggère que les malédictions familiales viennent de très loin et ont des racines profondes.
Ils cherchent, eux aussi, tant qu'il n'est pas trop tard à se libérer de cette sphère d'aliénation, à s'envoler, jusque sur les toits de Rome.


Cette famille dont Kim Rossi Stuart trace le portrait intime, ça pourrait être la vôtre, ou celle de vos voisins de palier, et, nous dit-il vous ne vous rendriez compte de rien.

Sans pathos, sans longueurs, en essayant d'adopter sans les juger le point de vue des quatre enfants, grands et petits, qui sont au centre de cette tragédie familiale si commune, Kim Rossi Stuart propose un film réussi, au ton très juste, qu'il faut voir tant qu'il est encore sur quelques écrans.


commentaires (0)    publié dans : films 2006 par J.G. ajouter un commentaire
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