Pour qui douterait que la figure du magicien d'antan rejoint totalement celle du cinéaste d'aujourd'hui, Woody Allen en offre une nouvelle démonstration.
Clou de son spectacle : un fantôme de journaliste qui n'arrive pas à quitter la vie sans s'efforcer d'attraper ... l'ombre d'un scoop. A tort, à raison? Bonne carte, mauvaise pioche? En fait là n'est pas le plus important. Stimulé une nouvelle fois par cet air londonien dont il faut croire qu'il est décrié à tort, inspiré (après match point) par les frontières de classe et les manières délicates des fauves de l'aristocratie britannique, Woody Allen se livre à un petit tour pour spectateurs complices.
On entre en effet dans un film qui semble hanté par la mort, et l'on se retrouve avec un film sur la vie, et finalement sur la morale d'amuseur qui colle le mieux à la peau de cet homme, "né de religion hébraïque mais converti depuis au narcissisme" : seul le sens de l'humour rend la vie - et la mort - supportables.
En tout cas, en matière de zygomatiques, cette variation londonienne sans prétention sur le thème du "meurtre mystérieux" que l'on connut à Manhattan, atteint sa cible.
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