Dimanche 24 septembre 2006
"Je vais bien, ne t'en fais pas" est encore un de ces films qui prend une drôle de signification aussitôt que l'on y a versé une fiole de cet acide critique qu'ici on élabore.

Voilà en effet en surface une intrigue qui est assez émouvante, celle d'une disparition brutale et ses conséquences sur un petit microcosme familial.

Parmi ces répercussions, la rencontre d'une famille ordinaire avec la brutalité de certains traitement 'psychiatriques' à destination des anorexiques, traitements identiquement violents pour tous les patients, ce qui en soi est déjà renversant.


Mais ici ce n'est qu'une des nombreuses fausses pistes qu'ouvre le film, consciemment... et non. Tout comme l'ébauche d'un commencement de critique du rôle de la télévision.
Même la recherche de ce frère disparu, l'espoir entretenu, à bien y regarder, ne sont là que comme support à un étalage incroyable de bons sentiments , que la fin du film nous invite d'ailleurs sans gène à méditer. Tout le monde n'est peut être pas beau, mais tout le monde il est gentil...


Et derrière? Il y a aussi l'ébauche d'un bilan critique. Celui que pourrait tirer une génération de cadres moyens, de techniciens, de leur mode de vie pantouflard, emmitouflés dans leurs petits pavillons de banlieue-dortoir à l'ombre des grandes tours (en l'espèce, sauf erreur, celles de la croix-blanche à Vigneux que l'on peut admirer depuis la ligne D du RER).

Mais cette critique n'est elle-même qu'une fausse piste - bien que, à bien y réfléchir,  ce soit elle qui serve de fil rouge au film, au rythme des cartes postales sucessives qui le ponctuent.

Faute d'être radicale,  cette critique reste au niveau du constat et n'aboutit, comme seul remède, qu'à proposer la fuite, ici à Saint-Malo (sans nous préciser si on y fera aussi installer la télé).

Or qu'est-ce donc, sinon un résumé involontaire du mouvement de transhumance urbaines qu'opèrent les classes moyennes et plus, depuis les lotissements banlieusards où ils espéraient trouver le paradis social jusqu'à la "rurbanisation" et la quête d'un bonheur plus replié sur soi que jamais?
On croit qu'on est original et qu'on change d'air, on ne fait que suivre ses congénères.

Alors certes il y a tout un tas de qualités que l'on pourra extraire de cette pellicule, mais elle est fondamentalement marquée du sceau de la recherche de la familiarité (avec le public dans la salle au premier chef), et, donc, de la facilité.


commentaires (4)    publié dans : films 2006 par J.G. ajouter un commentaire
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