Lundi 4 septembre 2006
L'enjeu de la bataille interne qui s'engage au Parti Socialiste nous concerne tous, même ceux qui, comme moi, n'en sont pas membres.

J'ai essayé de résumer ce qui est en jeu dans un commentaire sur le blog de Lionel Jospin que je reproduis ici.
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A propos de la précandidature Royal, une caractérisation s'impose et ce me semble, le signal d'alarme tiré par Manuel Valls va en ce sens : c'est une candidature contre le PS, imposée de l'extérieur au PS et organisée à l'extérieur du PS.

Mme Royal n'a pas, comme beaucoup l'on relevé, les qualités nécessaires pour mener réellement une campagne. Chaque fois qu'elle est confrontée à une difficulté imprévue, elle choisit de prendre la tangente (les "méchancetés" dit-elle).

Son "ascension" n'est que le produit d'une bulle médiatique impulsée délibérément au point de départ, puis qui s'est nourrie d'elle-même, comme toute spéculation.
Mais c'est en dehors du PS que les "sondeurs", et les grands groupes de presse, l'ont "élue" pour affronter, du moins s'effondrer, devant Sarkozy, choisi depuis un certain temps par le grand patronat (que préside une certaine Mme Parisot dont le métier est précisément de faire les sondages).
Et c'est en dehors du PS qu'elle a d'ores et déjà constitué, tant son propre "programme" - désirs d'avenir ce n'est pas le programme du PS - que son équipe de campagne. 

 Alors ceux qui cèdent aux sondagesne font que démontrer qu'ils n'ont pas la moindre capacité à resister aux vents dominants, et qui donc ne resisteront pas plus aux vents néo libéraux qu'aux brises sondagières.

Mais les adhérents du PS auront d'abord à faire ce choix en novembre : continuer à exister ou jeter les bases de leur propre disparition en tant que parti. Car la logique ultime du "citoyen expert", comme je crois Lionel Jospin l'a sous entendu à la Rochelle, c'est la disparition des partis, qui ne serviraient plus à rien, et qui seraient remplacés par la "démocratie participative", électronique éventuellement, qui signifie en fait le règne des technocrates, d'une élite des serviteurs de l'appareil d'Etat chargés de faire le tri entre les avis des "citoyens experts".
Sous des atours démagogiques, cette perspective est effrayante. Il n'est par ailleurs pas étonnant que Mme Royal, énarque et entrée à l'Elysée par la porte de service dès 1981, dans les bagages de Jacques Attali, s'en fasse le porte étendard.

Voilà comment se pose l'enjeu de la désignation interne du candidat socialiste. L'afflux d'adhérents à 20 euros jusqu'ici en marge du PS risque de faire peser la balance dans un sens défavorable au PS en tant que parti, mais avec lui à la possibilité d'expression électorale des couches populaires.
Il est d'autant plus important que ceux qui veulent empêcher l'avènement de ce scénario (doublé d'une victoire de Sarkozy garantie sur facture contre Mme Royal) ne perdent pas de temps pour l'expliciter et s'unir, derrière qui décidera d'expliciter les enjeux clairement.

Là est la responsabilité aujourd'hui de Lionel Jospin comme peut être de François Hollande. Si au contraire ils en restaient aux comparatifs des mérites des individus, alors sur ce terrain là il sera impossible d'inverser le courant produit par les instituts de sondage et les principaux medias contrôlés par des groupes tous acquis à la victoire de Nicolas Sarkozy.
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Voilà donc qui est dit, et , promis, l'on reparlera très vite des livres et du cinéma, du vrai cette fois.



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