Rien n'était resté d'aplomb et solide, les crevasses gagnaient les maisons voisines, il y avait chaque jour de nouveaux écroulements. Les unes sur les autres, les banques s'effondraient, avec le
fracas brusque des pans de murs demeurés debout après un incendie.
Dans une muette consternation, on écoutait ces bruits de chute, on se demandait où s'arrêteraient les ruines.
(...)
elle vit, devant elle, la Bourse. Le crépuscule tombait, le ciel d'hiver, chargé de brume, mettait derrière le monument comme une fumée d'incendie, une nuée d'un rouge sombre, qu'on aurait crue
faite des flammes et des poussières d'une ville prise d'assaut.
Et la Bourse, grise et morne, se détachait, dans la mélancolie de la catastrophe qui, depuis un mois, la laissait déserte, ouverte aux quatre vents du ciel, pareille à une halle qu'une disette a
vidée.
C'était l'épidémie fatale, périodique, dont les ravages balaient les marchés tous les dix à quinze ans, les vendredi noirs, ainsi qu'on les nomme, semant le sol de décombres.
Il faut des années pour que la confiance renaisse, pour que les grandes maisons de banque se reconstruisent, jusqu'au jour où, la passion du jeu ravivée peu à peu, flambant et recommençant
l'aventure, amène une nouvelle crise, effondre tout, dans un nouveau désastre.
Mais cette fois, derrière cette fumée rousse de l'horizon, dans les lointains troubles de la ville, il y avait comme un grand craquement sourd, la fin prochaine d'un monde."
Bonjour Georges, oui il y a eu du mouvement, et aussi une hésitation à continuer. Irrésolue à ce stade d'ailleurs. Assez de cinéma, dirais-je. Mais merci de vos voeux, et nous reparlerons au moins de Gaza ensemble quand j'aurais lu votre prose sur le massacre en cours.
Commentaire n°2
posté par
O.C.
le 17/01/2009 à 11h26
Bonsoir Olivier
De retour ! Cela fait plaisir, je commençais à m'inquiéter ...
Tous mes voeux pour une bonne année, malgré les craquements qui nous entourent...
Amicalement