Jeudi 2 mars 2006
Le propos de "Syriana" est limpide.

L'affiche ci-contre en témoigne à sa façon: ce film voudrait ouvrir les yeux sur la responsabilité de la politique américaine au Moyen-Orient dans le développement du terrorisme.

En installant au pouvoir des régimes corrompus, en utilisant le terrorisme d'Etat, le gouvernements et les majors pétrolières des Etats-Unis jetteraient dans les bras des fondamentalistes des milliers de jeunes sans espoir, qui n'auraient plus qu'à utiliser des armes destructrices ... elles aussi made in USA.


Malheureusement, cette thèse prend le pas sur le film. Le scenario en souffre à tel point qu'on se demande par moments si l'on est pas en train de regarder un docu-fiction.


Qui plus est, la seule alternative proposée explicitement sous les traits charismatiques d'Alexander Siddig, c'est de promouvoir des élites élevées dans les meilleures universités américaines et gavées de toutes les valeurs afférentes que la CIA entre autres bafoue en permanence.
Des élites d'élevage en quelque sorte.



Ce rêve d'une amérique exportant ses valeurs au lieu d'exporter la terreur est porté par un jeune cadre dynamique du secteur financier. Ce Candide finit par se réveiller, désillusionné certes sur son gouvernement, mais n'ayant tiré comme seule leçon de l'histoire qu'il lui faut se contenter de cultiver son propre jardin.
Morale convenue et consternante pour un film dont les bonnes intentions ne parviennent pas à racheter l'inconsistance.


commentaires (0)    publié dans : films 2006 par J.G. ajouter un commentaire
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