Lundi 19 décembre 2005
« Tu as confondu, tu as confondu », répète Emmanuelle Devos à Bruno Todeschini vers la fin du film.

La confusion, Gentille s’y installe et n’en sort pas un instant. Seul objet suffisamment proche pour être scruté avec constance : un nombril, exhibé d’ailleurs plus souvent qu’à son tour devant la camera.
C’est celui d’Emmanuelle Devos, alias Fontaine Leglou, concubine indécise d’un nommé … Michel Strogoff (si).

Fontaine vit à côté de ses pompes (comme nous le signale avec insistance Sophie Fillières) dans un monde flou où par exemple la frontière entre médecins et patients (au premier rang : Lambert Wilson) n’existe plus.
 
La voilà confrontée à une échéance - une demande en mariage. Elle la reporte, la digère, avant de décider que le bonheur pour elle sera de quitter son travail pour suivre son mari au bout du monde. C’est dire si elle est perdue.
 

Pour pimenter cette sauce, Sophie Fillières – réalisatrice mais encore dialoguiste - va tirer sur deux ficelles. La première: quelques images crues. Alors, voici des corps nus, des sexes, des excréments même, et bien sûr le nombril de Fontaine.

La seconde : faire rire. Avec un humour décalé – forcément. Et, parfois, admettons-le, on rit. Mais une succession de gags ne fait pas un film.

L’obstacle n’est pas réservé à gentille. Le cinéma français ces dernières années a en effet été prolixe en films sur l’indécision, la confusion, les crises existentielles de la quarantaine, de la cinquantaine, de la maternité, de la paternité …le charme discret de la dépression douce.

Il faut ajouter que, le plus souvent, ces crises existentielles se passent dans le milieu où vivent quotidiennement les cinéastes et leurs acteurs, celui de l’upper middle class parisienne au sens élargi, upper voire huppée, si affinités. 

Pour quelques réussites, aux scénarios riches, aux personnages réussis (ainsi Va savoir ! de Rivette), où à l’humour grinçant et perçant (la cloche a sonné avec Lucchini), combien de délayage, combien d’ennui !

 

On ajoutera donc cette nouvelle pièce, gentillette, au tribut important que paye le cinéma à une société déprimée dont on ne s’étonnera décidément pas qu’elle se signale par sa consommation de tranquillisants.


commentaires (1)    publié dans : films 2005 par J.G. ajouter un commentaire
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Commentaires

La présidence du Groundland est heureuse de vous souhaiter un joyeux Noel et une longue à votre blog


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commentaire n° : 1 posté par : présidence de ground land (site web) le: 23/12/2005 17:45:44

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