Deux films récents se penchent sur le puits de notre inconscient. "Caché" de Hanneke et "la boîte noire" de Berry. Deux réussites, et deux regards diagonaux.
Pour Berry, reprenant la trame d'une nouvelle de Benacquista, c'est un accident qui permet à la boîte noire de l'inconscient de s'entrouvrir, et de laisser échapper les clés d'une énigme qui prend un tour très noir et tout autant onirique. Ouvrir la boîte noire c'est ici ouvrir en partie la boîte de Pandore. C'est la mort qui en sort.
"Caché", Hanneke l'est. Il bombarde, lui, depuis sa position de réalisateur, son héros (Auteuil) de cassettes videos en plan fixe. Impossible, absolument, que ce dernier n'ait pas vu qui le filme. Hanneke signe d'ailleurs son forfait: de longs plans fixes présentés au spectateur mais pas à Auteuil. Ce dernier cherche dans le film ce qui se trouve en dehors, en dehors de la boîte noire qu'est la caméra.
Il en résultera un douloureux retour du refoulé, le refoulé étant ici la mauvaise conscience d'une certaine petite bourgeoisie parienne arrivée, installée, vaguement de gauche, face à son propre racisme, face aux spectres jamais exorcisés de la guerre coloniale contre les algériens.
Ces spectres-là sont, pour toute la société française, cachés - le Parlement ne vient-il pas de voter une loi décrétant que la colonisation de l'Algérie a été utile? Hanneke, en torturant son héros, entrouvre une autre boîte noire, la chambre obscure des crimes coloniaux.
tu es un excellent critique de cinéma (bravo!), mais très conformiste en politique. L'idéologie libertaire égalitariste est aujourd'hui l'opinion commune; c'est le liberalisme qui est minoritaire, sinon pourquoi "le non" l'aurait-il emporté? Pour ma part, c'est auprès des banlieusards, que j'ai du apprendre à aimer ma famille, mon peuple et mon Dieu. C'est ce qu'ils appellent le respect.
Salut d'un banlieusard à un autre.